RH vs. Médiatrice - épisode 2
Le pitch : Un Secret Santa… et la DirCom qui offre des cadeaux à certains collaborateurs. À la fête, seuls 2 ou 3 n’en reçoivent pas.
Parmi eux : la Directrice commerciale, en période d’essai. Elle se sent particulièrement visée.

🔙 Mon approche d'avant (RH classique)
Dir Sales : « C’était déjà tendu entre nous, mais là je me suis sentie super mal. Et ma période d’essai dépend de son avis, tu imagines ? »
Moi : « Tu lui en as parlé ? »
Dir Sales : « Non, je veux pas en faire toute une histoire. »
Moi : « Je vais lui dire, en tant que manager elle doit apprendre à faire attention à ses gestes. »
Dir Sales : « D’accord, mais je veux pas que ça me retombe dessus… »
Résultat ? La DirCom estime que la Dir Sales dramatise :
« J’ai juste offert des cadeaux à mes proches collaborateurs, rien d’anormal. Je sais rester professionnelle. »
Et bien sûr ça n’a pas suffi… un mois plus tard, la période d’essai a pris fin.
▶️ Mon approche d'aujourd’hui (avec la posture de médiatrice)
Dir Sales : « Comment veux-tu que je puisse travailler en confiance ? »
Moi : « Tu penses peut-être que son geste était intentionnel ? »
Dir Sales : « Mais bien sûr ! Presque tout le monde a eu un cadeau sauf moi. »
Moi : « Et pour les deux autres sans cadeau ? »
Dir Sales : « Heu… je ne sais pas… ils ne travaillent pas avec elle. »
Moi : C'est ça. Aujourd’hui, tu as du mal à imaginer que son geste soit involontaire… et tu te sens humiliée. Pour tes collègues, même s’ils ne comprennent pas, ça passe plus facilement.
Dir Sales : Oui… Mais entre nous, depuis le début, c’est compliqué, elle me met des bâtons dans les roues… alors forcément, je me sens visée.
Moi : Et si cet épisode n’était qu’un symptôme… et que le vrai problème était ailleurs ?
Dir Sales : C’est clair.
Moi : Tu as peut-être raison, il est inutile de faire toute une histoire de ce Noël. La vraie difficulté se situe ailleurs. Si on creusait cette piste ?
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Mes conseils aux managers ou RH :
1. Reconnaître et légitimer : ne pas minimiser sa douleur.
2. Créer le doute : ouvrir la possibilité de la maladresse plutôt que la malveillance.
3. Chercher le vrai problème : l’épisode n’est qu’un symptôme.
Le résultat ?
Rien n’est « réglé » immédiatement, mais tout est posé.
Pourquoi l'approche classique a-t-elle échoué ?
Croire qu'elles pouvaient résoudre la difficulté seules était illusoire : le rapport de force était inéquitable avec la période d’essai.
Un tiers neutre avec une approche structurée et une réunion conjointe aurait été nécessaire pour les aider à dépasser leurs convictions qu’elles ne pouvaient pas travailler ensemble.
Toutes deux étaient ambitieuses, talentueuses, motivées par l’envie de faire grandir l’entreprise. Les bases étaient bonnes.
Est-ce que la médiation aurait permis de sauver la période d’essai ? Je ne sais pas. Mais une chose est sûre : le départ aurait alors été assumé, pas subi.




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